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Vous avez sans doute vu passer début août cette information étonnante, largement commentée dans les médias et qui a fait beaucoup gloser les internautes… :  l’entrée officielle du pinard au cœur des hôpitaux français !

En effet, pour égayer le quotidien de ses patients, le CHU de Clermont-Ferrand va ouvrir début septembre un bar à vins au sein de son Centre de soins palliatifs (14 lits). « Il ne s'agira pas d'un comptoir où l'on commandera son verre, mais d'une cave permettant de conserver de bons crus dans de bonnes conditions. » nous dit-on ! Capacité : environ 270 bouteilles !! De quoi rassasier les malades ;-) !

Les objectifs de cette initiative inédite en France sont d’« égayer un quotidien souvent difficile», « redonner de l’envie et des émotions quand le goût de la vie n’y est plus », et de promouvoir « le droit de se faire plaisir en fin de vie ».

Grâce à des partenariats et à différentes formules de mécénat (dons de viticulteurs, de familles de patients), l'unité palliative du CHU de Clermont-Ferrand dispose déjà « d'une cave avec des bouteilles de bons vins, de champagne, et de whisky ». L'accès aux grands crus est même « à l'étude » !

Pour le malade incurable, le simple geste de lever un verre de bon vin et d’en boire quelques gorgées (médicalement encadrées) sera certainement source d’un instant hédoniste et proustien, qui lui rappellera des souvenirs festifs ayant marqué certains temps forts de sa vie passée… Instant forcément réparateur pour celui qui arrivé au seuil de son existence, est menacé dans son intégrité d'homme et dans sa dimension sociale.

Somme toute, voilà pour l’amateur de vin, une belle illustration du :

 Je voudrais pas crever avant d’avoir bu…. 

.... un château Yquem, un Pétrus, un château Rayas … ou un vin de la Romanée-Conti histoire de vérifier les dires de Richard Olney :

" Vin de Prince, elle est velours, séduction et mystère. C'est le plus proustien des grands vins : sous le parfum secret de pétale de rose à peine fanée d'une Romanée-Conti 1956, n'est-ce pas l'intense et pure sensation du Temps retrouvé qui nous envahit ? Les dieux nous auraient-ils laissé en souvenir dans ce carré de terre, la trace fascinante d'une perfection intemporelle ?" (in Romanée-Conti).

Merci au CHU de Clermont-Ferrand d’offrir un signe de perfection intemporelle à ces vies fragiles qui s’achèvent… et par là même, d’adresser un pied de nez au mal incurable !