Dis...vin !

22 septembre 2014

Changement d'adresse et mue automnale !

MueCouleuvre

Chères lectrices, chers lecteurs,

je suis venu vous dire que je m’en vais,

mais pas au vent mauvais comme le dit si bien Verlaine...

Le blog change de contenant (mais pas de contenu !)

et est désormais consultable à cette adresse :

http://disvinblog.wordpress.com/

 

 

 

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12 septembre 2014

Dégustation de rentrée !

Quelques beaux coups de canon (du gros calibre !) pour lancer la rentrée bachique ! Illustration :

 

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Par ordre d'apparition à table ce jeudi 11 septembre :

- Champagne Grand cru, Le Mesnil "cuvée Sublime", 2005

- Champagne Grand Cru, extra-brut VP, Egly-Ouriet, (dégorgé en 2012)

- Chablis Grand Cru "La Moutonne", Domaine Long-Depaquit, 2007

- Côtes du Rhône, Château de Fonsalettes, 1998

- Chateauneuf du pape, Château de Beaucastel, 2001

- Ribera del Duero "Cosecha Unico", Vega Sicilia,  1999

- Saint-Julien, Château Léoville Poyferré, 1986

- Coteaux du Languedoc "Syrah Leone", Domaine Peyre Rose,  2003

- Condrieu "La Doriane",  Domaine E. Guigal, 2011

- Riesling Grand Cru "Le Clos Saint-Urbain Rangen de Thann", domaine Zind-Humbrecht, 2009

And the winner is.... ;-)

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Un bel hommage à la douce ivresse de Noé, père de la vigne...

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10 septembre 2014

Thivin, c'est divin !

Le Côte-de-Brouilly est le plus méridional des crus du Beaujolais : il puise sa dénomination du Mont Brouilly, sorte de mamelon qui fait saillie au milieu du vignoble du Beaujolais qui a été reçu en récompense par Brulius, lieutenant victorieux de l'armée romaine (ce qui donne une idée de l'époque à laquelle remonte les premières vignes...).

Les vignes de la Côte-de-Brouilly nappent les flancs de ce Mont. Au sommet (484 mètres), s'élève la chapelle « Notre Dame aux Raisins » érigée pour protéger les vignes contre ses principaux ennemis : grêles, gelées, oïdium. Là-haut, le panorama est superbe : on embrasse tout le vignoble du Beaujolais, celui du Mâconnais et on aperçoit les mille étangs des Dombes !

Le Château Thivin, qui avec ses tuiles vernissées se donne des faux airs de château bourguignon, est lové au cœur du Mont Brouilly. Les coteaux du Mont Brouilly sont très pentus : au château Thivin, le cuvage est à flanc de colline et utilise ainsi de façon ingénieuse la gravité. Cela évite l'usage d'une pompe ou d'un convoyeur susceptible d'altérer la récolte lors des vendanges.  Le sol est constitué de roches volcaniques (granite et schistes), les fameuses « pierres bleues» de la Côte-de-Brouilly.

 

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Vous trouverez sur ce terroir de granites et de schistes bleus une des expressions les plus racés du Beaujolais. La nature granitique contribue à apporter au vin une belle structure et ce côté corsé, un peu poivré. Illustration avec la Cuvée Zaccharie du Château Thivin qui est devenue l'un des vins cultes du Beaujolais.  !

Cuvée Zaccharie

 

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C'est le 8 juin 1877 que Zaccharie Geoffray, alors fermier, acheta aux enchères le château Thivin, qui couvrait un peu moins de 2 hectares de vignes ; il en compte 25 aujourd'hui. Dans les années 1930, Claude Geoffray, son fils, sera d'ailleurs l'un des artisans de la création de l'appellation côte-de-brouilly. La cuvée Zaccharie rend donc hommage à cet illustre ancêtre de la famille Geoffray.

 

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Le château Thivin réalise plusieurs cuvées parcellaires. La cuvée Zaccharie est issue de l'assemblage des plus vieilles vignes de deux parcelles du Mont Brouilly : « La Chapelle » au sud et « Godefroy » à l’est. L’élevage est plus long que pour les autres cuvées : 10 à 12 mois (5% fûts neufs).

L'exceptionnel Zaccharie 2009 (14,8°!) a largement contribué à la renommée de cette cuvée : un vin gourmand, à la richesse phénoménale, aux tanins veloutés, au fruité charnu (cerise noire). Un vin immense tant par sa matière que par sa longueur.

 

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La robe est grenat intense. Au nez montent des arômes floraux de pivoine. Le vin est à la fois gourmand, très riche, suave et parfaitement équilibré. Une explosion de fruits mûrs (cassis, mûre). La bouche est ronde et chaude avec beaucoup d’épices. Incontestablement un vin de garde... A l'aveugle, on pourrait facilement partir sur un bourgogne 1er cru de la Côte Chalonnaise, tant ce vin développe une finesse qui pinote ! On est loin de l'image des Beaujolais, souples et gouleyants, fruités à l'excès, intellectuellement faciles à comprendre...

Plus d'infos sur ce domaine : http://www.chateau-thivin.com/

(NDLR : l'accueil est extra, très "beaujolyonnais" : lors de la dégustation, on vous offrira à volonté le saucisson, le pain et le fromage qui vont bien !)

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03 septembre 2014

"En septembre, en attendant la suite"... la maturité des raisins, il se peut, qu'arrive la limite !

 

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"Vendanges, joies précipitées, urgence de mener au pressoir, en un seul jour, raisins mûrs et verjus ensemble.

Rythme qui laisse loin la large cadence des moissons. Plaisir plus rouge que les autres plaisirs.

Chants, criailleries enivrées, puis silence, retraite du vin, sommeil du vin neuf, cloîtré, devenu intangible,

Retiré des mains tachées qui miséricordieusement le violentèrent."

Colette

 

 

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01 septembre 2014

Le goût du jaune comme un parfum de rentrée scolaire...

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« Savagnin, ce nom seul avec ses échos incongrus de « savane », ou de latin, ce savagnum qui signifierait sauvage » écrivait le poète Jean-Claude Pirotte (Les contes bleus du Vin).

Le savagnin est un cépage mystérieux qui mûrit en silence pendant au minimum 6 ans et 3 mois dans les fûts jurassiens, comme assoupi dans une secrète solitude, dans une léthargie alchimique. La porosité du bois provoque la disparition d'environ 40 % du volume de vin initial, ce qui fait le bonheur des séraphins « cavicoles » (c’est la célèbre part des anges...).

Le jour de la percée, le vin sortira de sa torpeur, s'extraira de cette gangue formée par le voile protecteur des Saccharomyces. L'or jaune jaillira du fût et remplira les verres impatients de cet « énigmatique goût de jaune (…) cette couleur qui est saveur et cette saveur qui est éclat » (ibid).

Le vin jaune est incontestablement LE vin qui bouscule les repères gustatifs, qui vous surprend par ses arômes oxydatifs, une terra incognita pour le dégustateur néophyte. Ses saveurs ne s'oublient pas : celle du pain chaud, du lait tiède à la ferme, des senteurs de noix, de cuir neuf qui rappelle les cartables d'enfance tout nouvellement acquis pour la rentrée scolaire.

L'automne est là, sans attendre la Percée des Vins Jaunes, servez-vous un verre de Château Chalon 2008. La queue de paon de ce vin si élégant et si puissant, s'épanouira à merveille sur une tranche de comté... de quoi adoucir la rentrée ! Ainsi, vous donnerez corps à ces mots de Pirotte : « décidément la vie mérite d’être vécue, puisqu’elle a, quelquefois, le goût de jaune ! .

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« La seule idée que nous ayons de l’infini (« tout ce qu’on appelle infini m’échappe » disait Rousseau), c’est sa figuration algébrique, le huit renversé comme un sablier qui ne mesure plus le temps. Que l’on débouche un clavelin de château-chalon plus que centenaire, que lentement on verse dans la carafe l’or liquide, sans jamais en épuiser les parfums (les insondables parfums, dirait le pédant que je suis un peu), et que se répande dans la chambre doucement durant des heures d’attente le mystère odorant de ce miel qu’aucun souffle n’évapore, on est saisi par le sentiment de percevoir un miracle, non pas celui d’une jeunesse incongrue, ni d’une étrange longévité, mais bien d’une espèce de permanence ou d’entêtement d’un réel impalpable, et c’est comme si, d’une boucle à l’autre de l’oméga, on venait de transvaser l’infini.


(…) Dans la lumière de la carafe, l’avenir et le passé se rejoignent et s’épousent, dans un présent qui détient le secret jamais résolu des vérités légendaires. Le vin jaune est un mythe sans cesse renaissant, le seul peut-être qui procède encore d’une réalité supérieure et décline une fiction, un songe, plus réels que le réel.  »

Jean-Claude Pirotte (Expédition nocturne autour de ma cave)

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21 août 2014

Mon vin d'aôut !

 

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Longue journée ensoleillée d’été sur la côte malouine.... la chaleur carnassière rend le sable brûlant. Une légère brise marine vient lever quelques embruns et rafraîchir l’air. Au loin, dans la rade constellée de rochers, une silhouette blanche ondule au-dessus des flots calmes et butine par intermittence la surface de la mer : c’est la sterne pierregarin, plus couramment appelée « hirondelle des mers » en raison de ses longues rectrices effilées et de la grâce de son vol aux battements élastiques. Attablé sur les remparts de Saint-Malo, la douzaine d'huîtres de Cancale arrive enfin sur la table... le choix est fait, ce sera un Muscadet Amphibolite Nature 2011 (100% Melon de Bourgogne) du domaine Jo(seph) Landron, compagnon idéal des saveurs océanes (autour de 9 euros) !

Jo Landron c'est LE vigneron qui vous réconcilie immédiatement avec les vins de l'AOP Muscadet (dont certains vous laissent des stigmates gastriques ad vitam aeternam...) ! Il promeut des pratiques biodynamiques respectueuses et l'expression fine de son terroir (ô combien complexe d'un point de vue géologique...):

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"Pour moi le Muscadet doit être l'expression fidèle de son terroir traduit par sa signature minérale, la richesse et l'originalité de notre vignoble réside dans sa diversité géologique et microclimatique. Seul le travail du sol et le respect de la vigne par une culture biologique permettent d'exprimer la pleine personnalité." (www.domaines-landron.com/)

Sa cuvée "Amphibolite" est élaborée sur un sol de roches métamorphiques du massif armoricain qui se sont formées lors de l’effacement des océans. Ces amphibolites confèrent une minéralité cristalline au vin. La cuvée contient très peu de sulfites, et titre à seulement 11% d'alcool. 

Cette cuvée est un véritable "blanc de soif" : du bon jus, un vin léger et perlant (en raison de son élevage sur lies pendant 4 mois) qui vous envoie immédiatement un shoot de vivacité et de fraîcheur qui vous défrise les papilles ! Minéral, citronné, iodé, c'est un vin idéal pour accompagner les huîtres.

Bref, un vin de corsaire au plaisir jubilatoire ! Parfait pour répondre à l'appel du large...

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« Prendre le large, au gré des flots, des dangers et des mers, cingler vers le Lointain, vers l’Ailleurs, vers la Distance abstraite,

emporté comme la poussière par les vents, par les tempêtes, vers l’aventure indéfinie, vers la Mer absolue, pour réaliser l’impossible ! »

Fernando Pessoa, extrait de l’Ode Maritime.

 

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20 août 2014

Les 50 vins les plus chers du monde... (Bourgogne 38 - 2 Bordeaux)

 

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Le 1er août dernier, le site web Wine searcher  (site fort utile pour trouver la cote des vins qu'on a dans sa cave !) a actualisé son classement des 50 vins les plus chers au monde. Verdict : 

NB : ce classement est établi à partir du prix moyen hors taxe d'une bouteille de 75 cl et sans distinction des millésimes. Il est réalisé à partir de 47 806 sites marchands (hors ventes aux enchères), soit sur environ 6,5 millions de bouteilles proposées à la vente. 

1. Domaine de la Romanée-Conti : Romanée-Conti Grand Cru (Côte de Nuits)  
(prix moyen HT : environ 10 500 euros la bouteille...)
2. Henri Jayer : Cros Parantoux, Vosne-Romanée Premier Cru (Côte de Nuits)
3. Egon Muller-Scharzhof : Scharzhofberger Riesling Trockenbeerenauslese (Moselle, Allemagne)
4. Domaine Leflaive : Montrachet Grand Cru (Côte de Beaune)
5. Joh. Jos. Prüm : Wehlener Sonnenuhr Riesling Trockenbeerenauslese (Moselle, Allemagne)
6. Domaine Leroy : Musigny Grand Cru (Côte de Nuits)
7. Domaine Georges & Christophe Roumier : Musigny Grand Cru (Côte de Nuits)
8. Domaine de la Romanée-Conti : Montrachet Grand Cru (Côte de Beaune)
9. Domaine Jean-Louis Chave : Cuvée Cathelin, Hermitage (Vallée du Rhône)
10. Georges et Henri Jayer : Echézeaux Grand Cru (Côte de Nuits)
11. Domaine Leroy : Chambertin Grand Cru (Côte de Nuits)
12. Pétrus : Pomerol (Bordeaux)
13. Domaine de la Romanée-Conti : La Tâche Grand Cru Monopole (Côte de Nuits)
14. Domaine du Comte Liger-Belair : La Romanée Grand Cru (Côte de Nuits)
15. Screaming Eagle : Cabernet Sauvignon, Napa Valley (Californie)
16. Le Pin : Pomerol (Bordeaux)
17. Domaine Leroy : Mazis-Chambertin Grand Cru (Côte de Nuits)
18. Domaine Jean-François Coche-Dury : Corton-Charlemagne Grand Cru (Côte de Beaune)
19. Domaine Leroy : Grands-Echézeaux Grand Cru (Côte de Nuits)
20. Domaine Leroy : Richebourg Grand Cru (Côte de Nuits)
21. Domaine Faiveley : Musigny Grand Cru (Côte de Nuits)
22. Domaine Leroy : Romanée-Saint-Vivant Grand Cru (Côte de Nuits)
23. Domaine Dugat-Py : Chambertin Grand Cru (Côte de Nuits)
24. Domaine de la Romanée-Conti : Richebourg Grand Cru (Côte de Nuits)
25. Sylvain Cathiard : Romanée-Saint-Vivant Grand Cru (Côte de Nuits)
26. Domaine des Comtes Lafon : Montrachet Grand Cru (Côte de Beaune)
27. Lalou Bize-Leroy : Domaine d'Auvenay, Mazis-Chambertin Grand Cru (Côte de Nuits)
28. Domaine Méo-Camuzet : Au Cros Parantoux, Vosne-Romanée Premier Cru (Côte de Nuits)
29. Domaine Leroy : Echézeaux Grand Cru (Côte de Nuits)
30. Domaine Jean-François Coche-Dury : Les Perrières, Meursault Premier Cru (Côte de Beaune)
31. Joh. Jos. Prüm : Wehlener Sonnenuhr Riesling Beerenauslese (Moselle, Allemagne)
32. Domaine Leroy : Clos de la Roche Grand Cru (Côte de Nuits)
33. Domaine de la Romanée-Conti : Romanée-Saint-Vivant Grand Cru (Côte de Nuits)
34. Lalou Bize-Leroy : Domaine d'Auvenay, Les Bonnes-Mares Grand Cru (Côte de Nuits)
35. Domaine Georges & Christophe Roumier : Les Amoureuses, Chambolle-Musigny Premier Cru (Côte de Nuits)
36. Joh. Jos. Prüm : Wehlener Sonnenuhr Riesling Eiswein (Moselle, Allemagne)
37. Domaine Leroy : Latricières-Chambertin Grand Cru (Côte de Nuits)
38. Domaine Ramonet : Montrachet Grand Cru (Côte de Beaune)
39. Domaine de la Romanée-Conti : Grands Echézeaux Grand Cru (Côte de Nuits)
40. Domaine Leroy : Corton-Charlemagne Grand Cru (Côte de Beaune)
41. Emmanuel Rouget : Cros Parantoux, Vosne-Romanée Premier Cru (Côte de Nuits)
42. Domaine Méo-Camuzet : Richebourg Grand Cru (Côte de Nuits)
43. Quinta do Noval : Nacional Vintage Port (Douro, Portugal)
44. Catena Zapata : Estiba Reservada - cabernet sauvignon (Mendoza, Argentine)
45. Domaine Leroy : Clos de Vougeot Grand Cru (Côte de Nuits)
46. Domaine Armand Rousseau Père et Fils : Chambertin Grand Cru (Côte de Nuits)
47. Domaine Armand Rousseau Père et Fils : Chambertin-Clos de Bèze Grand Cru (Côte de Nuits)
48. Joh. Jos. Prüm : Wehlener Sonnenuhr Riesling Auslese Lange Goldkapsel (Moselle, Allemagne)
49. Domaine Jacques-Frédéric Mugnier : Musigny Grand Cru (Côte de Nuits)
50. Bollinger : Renaudin Bollinger Extra Quality Brut (Champagne)   (prix moyen HT : environ 823 euros)

Un inventaire qui laisse rêveur... et au final, une "belle claque" pour les vins de bordeaux : Bourgogne : 38 - Bordeaux : 2 !!!

http://www.wine-searcher.com/most-expensive-wines.lml

Un classement qui montre aussi que les Grands Bourgognes (Côte de Nuits et Côte de Beaune) sont de plus en plus inacessibles... et sombrent toujours plus dans l'élitisme par le prix... Un conseil si vous êtes comme moi un amoureux de la Bourgogne, préférez-leur les vins du Chablisien (ceux de Vincent Dauvissat, Jean-Paul Droin, Thomas Pico etc), de la Côte Chalonnaise (ceux de Vincent Dureuil-Janthial, de Marie Jacqueson, Jean-Marc Joblot, François Lumpp) ou du Maconnais (Jean-Marie Guffens-Heynen, Bret Brothers etc), pour lesquels le rapport qualité/prix est souvent excellent !

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18 août 2014

Un bar à vin dans le service de soins palliatifs du CHU de Clermont-Ferrand ou « comment attendre la mort… en vivant » !

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Vous avez sans doute vu passer début août cette information étonnante, largement commentée dans les médias et qui a fait beaucoup gloser les internautes… :  l’entrée officielle du pinard au cœur des hôpitaux français !

En effet, pour égayer le quotidien de ses patients, le CHU de Clermont-Ferrand va ouvrir début septembre un bar à vins au sein de son Centre de soins palliatifs (14 lits). « Il ne s'agira pas d'un comptoir où l'on commandera son verre, mais d'une cave permettant de conserver de bons crus dans de bonnes conditions. » nous dit-on ! Capacité : environ 270 bouteilles !! De quoi rassasier les malades ;-) !

Les objectifs de cette initiative inédite en France sont d’« égayer un quotidien souvent difficile», « redonner de l’envie et des émotions quand le goût de la vie n’y est plus », et de promouvoir « le droit de se faire plaisir en fin de vie ».

Grâce à des partenariats et à différentes formules de mécénat (dons de viticulteurs, de familles de patients), l'unité palliative du CHU de Clermont-Ferrand dispose déjà « d'une cave avec des bouteilles de bons vins, de champagne, et de whisky ». L'accès aux grands crus est même « à l'étude » !

Pour le malade incurable, le simple geste de lever un verre de bon vin et d’en boire quelques gorgées (médicalement encadrées) sera certainement source d’un instant hédoniste et proustien, qui lui rappellera des souvenirs festifs ayant marqué certains temps forts de sa vie passée… Instant forcément réparateur pour celui qui arrivé au seuil de son existence, est menacé dans son intégrité d'homme et dans sa dimension sociale.

Somme toute, voilà pour l’amateur de vin, une belle illustration du :

 Je voudrais pas crever avant d’avoir bu…. 

.... un château Yquem, un Pétrus, un château Rayas … ou un vin de la Romanée-Conti histoire de vérifier les dires de Richard Olney :

" Vin de Prince, elle est velours, séduction et mystère. C'est le plus proustien des grands vins : sous le parfum secret de pétale de rose à peine fanée d'une Romanée-Conti 1956, n'est-ce pas l'intense et pure sensation du Temps retrouvé qui nous envahit ? Les dieux nous auraient-ils laissé en souvenir dans ce carré de terre, la trace fascinante d'une perfection intemporelle ?" (in Romanée-Conti).

Merci au CHU de Clermont-Ferrand d’offrir un signe de perfection intemporelle à ces vies fragiles qui s’achèvent… et par là même, d’adresser un pied de nez au mal incurable !

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10 août 2014

"Anjou Villages Brissac" ou l'expression schistique du cabernet sauvignon !

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L’AOP "Anjou Villages Brissac", de création récente (1998), est une sous-appellation de l’AOP "Anjou". Les terrains des Coteaux-de-l’Aubance délimités dans cette appellation s’étendent sur environ 100  hectares de pente douce et une dizaine de communes, dont Brissac-Quincé, célèbre pour son magnifique château aux accents baroques (surnommé le "Géant du Val de Loire") et qui est accessoirement le plus haut château de France (7 étages) !

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Le terroir est propice à l’élaboration de vins rouges qualitatifs réputés de garde (8 à 10 ans), qui sont bien souvent à un excellent rapport qualité prix. Il est situé dans les contreforts orientaux du Massif Armoricain : on le nomme "l’Anjou noir" car il est composé de schistes ardoisiers (par opposition à "l’Anjou blanc", qui est formé de sols calcaires (tuffeau) issus de l’extrémité sud-ouest du bassin Parisien).

Cette appellation produit exclusivement des vins rouges issus des deux cépages cabernet : le cabernet franc, cépage ligérien par excellence, et le cabernet sauvignon beaucoup plus connu en terre bordelaise. Le cabernet sauvignon moins exigeant en eau que le cabernet franc se plaît sur ces terroirs schisteux (la disponibilité en eau y est plus réduite, ce qui oblige les racines de la vigne à descendre en profondeur via les failles du schistes pour y puiser les ressources trophiques adéquates). Il en résulte des vins particulièrement complexes et racés.

L'AOP "Anjou Villages Brissac" possède deux grandes particularités :

1 / Elle est la seule AOP des vins rouges de Loire à produire des vins issus à 100% de cabernet sauvignon ! Le cabernet franc confère à ces vins de la finesse, une structure souple et veloutée, tandis que le cabernet sauvignon leur assure une puissante charpente et une grande richesse de tanins, les prédisposant ainsi à devenir d'excellents vins de garde.

2/ Les conditions pédoclimatiques des vallons de l'Aubance font que le raisin arrive tôt à maturité (ce n'est pas pour rien qu'on produit ici aussi d'excellents vins liquoreux à partir du chenin surmûri). Les baies sont récoltées à maturité avancée, d'où les arômes de fruits noirs que l'on retrouve systématiquement à la dégustation.

Au final, on obtient des vins rouges complexes, charnus, tanniques, de couleur sombre aux arômes de fruits noirs, aux notes animales et empyreumatiques (café, cacao). A l’examen visuel, la couleur (robe d'un grenat sombre et profond) ferait rapidement penser à un vin issu de cépages noirs comme le mourvèdre ou le carignan. En bouche, le vin est concentré, doté d’arômes puissants et de tanins de velours. Résultat : il est impossible de deviner qu'on a affaire à un vin d'Anjou... Tout est réuni pour planter à l’aveugle un dégustateur averti !

A titre personnel, je n’aurais jamais pensé qu’un vin rouge de Loire puisse produire des vins si déroutants : jusqu'à présent, j'assimilai plutôt le vin d'Anjou à un sympathique vin de table...  Mea culpa, mea maxima culpa...

En guise de repentance vineuse, voici ma sélection de quelques unes des plus belles expressions des cépages cabernet mûris sur ces sols schisteux :

NDLR : Of course, pour mieux les apprécier, on veillera à déguster ces quelques vins avec un pigeonneau rôti ou un canard laqué, ou encore un gibier baignant dans une sauce au sang !

Anjou Villages Brissac, Château princé, 2009

http://www.chateauprince.fr/

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Terroir : Quartz et graves sur sous sol de schistes

Cépage : 100% Cabernet Franc

Dégustation :  Arômes de fruits noirs, très mûrs. Arômes de réglisse et de zan. Notes empyreumatiques (caramel, fumé). Un vin rond en bouche, aux tanins racés, et qui développe une très belle longueur.

Domaine de Bablut, Anjou Villages Brissac cuvée Rocca Nigra, 2009

www.vignobles-daviau.fr/

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Cépage : 100 % cabernet sauvignon (raisins récoltés très mûrs)

18 mois d’élevage en fûts, 50 jours de macération !

Dégustation : Arômes de mûres, de myrtilles, et de réglisse. Notes clairement animales (cuir). Vin présentant une belle matière veloutée. Vin puissant, torréfié (moka, cacao).

Domaine des Rochelles, Anjou Villages Brissac cuvées Les Millerits, 2010

www.domaine-des-rochelles.com/

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Cépage : 100% cabernet sauvignon

Elevage en fûts de chêne pendant 12 mois

Dégustation : Vin très concentré, arômes de fruits mûrs quasi confits, de réglisse, et de tabac. La bouche est le reflet des impressions olfactives avec la même densité et la la même richesse d'expression. Beaucoup de finesse dans le grain du tanin (vin très soyeux). Très belle finale inextinguible où règnent sereinement les fruits et les épices. Assurément, le plus "médocain" des anjous !

Domaine des Rochelles, Anjou Villages Brissac cuvée la Croix de Mission, 2010

Cépage : 90% cabernet sauvignon, 10% cabernet franc

Elevage en cuve inox pendant 1 an

Dégustation :  Arômes de fruits rouges (cassis, mûre) et de fruits noirs rehaussés par une nuance subtile de réglisse. En bouche, le vin est moelleux et velouté et propose une belle puissance aromatique.

 

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07 août 2014

Yquem, "a thing of beauty is a joy forever"...

20205-650x330-autre-chateau-d-yquem-sauternesMorceaux choisis :

"Quant à mon goût, si constamment sollicité, agressé, dérouté, enchanté, déshonoré, négligé, il n'a qu'une seule référence parce qu'il ne saurait y en avoir d'autre, le Château d'Yquem. L'apothéose du goût. Je n'appelle pas l'Yquem un vin puisqu'il existe "des vins" et que l'Yquem est unique. Je préfère le mot nectar (breuvage des dieux), et si j'en trouve un plus noble, j'aurais moins honte de notre vocabulaire étroit qui se prête si mal aux superlatifs."

"Le glouglou de ce liquide ne ressemble à aucun autre. Il est à la fois lourd et léger, si velouté. L'Yquem est prêt au sacrifice. La main s'empare du trésor. Parfum rare, parfum unique. Essence de soleil et de miel ! Votre palais, tout à coup, mérite son nom. Il accueille le souverain absolu des breuvages. Le nectar descend en vous. Fermez un instant les yeux. Vous voilà de l'autre coté de la vie."

"Boire de l'Yquem est une cérémonie et doit absolument rester une cérémonie car à chaque gorgée, il se passe quelque chose qui appartient à l'extase".

"Ah! Ce vin, cette couleur… de la lumière bue (...) qui éblouit votre bouche. Guitry disait qu'après du Mozart le silence qui succédait était encore du Mozart. Après une gorgée d'Yquem, les instants qui suivent sont toujours d'Yquem."

Frédéric Dard

 

"Les vignes d’Yquem ressemblent à des lignes tirées ver le ciel, les pieds dans l’éternité, les grappes d’or tombées des étoiles."

Olivier Weber, Le Point, Prix Albert Londres

 

"Les étés d'autrefois brûlent dans les bouteilles d'Yquem..."

François Mauriac, Le Baiser au lépreux

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